04-09-09
ce qui est arrivé...
Quand j'ai rencontré Vincent, je commençais depuis
quelques temps à me sortir de la dépression, il a été comme un ciment
qui a consolidé ma construction.
Dès notre première rencontre on savait tous les 2 que c'était "nous",
comme une révélation, comme si on se cherchait depuis tout ce temps,
des âmes-sœurs, notre amour était évident! Il était tout, mon meilleur
ami et mon grand amour à la fois. Une complicité dingue, on adorait
être ensemble. Un jour on s'est dit que peut-être on devrait passer
moins de temps ensemble et puis on en a conclut que non, on aimait trop
être tout les 2!
Les gens nous disaient que ça se voyait qu'on s'aimait fort, qu'on
vivait une histoire très forte, il parait qu'on "rayonnait d'amour l'un
pour l'autre"!
Et puis ce putain d'accident est arrivé, le 14 décembre.
Il y avait de la tempête, on adorait ça, c'était dimanche et on avait
envie de prendre l'air malgré le temps. On avait envie d'aller voir le
mer déchaîné, d'aller à la presqu'île de Cassis où on allait quelques
fois.
j'ai pris cette photo 3 mois avant l'accident, c'est à cet endroit que nous sommes tombés à la mer.
On était loin du bord, à presque 50 mètres du bord, les vagues
s'écrasaient contre les rochers et l'écume arrivait à nos pieds, on est
resté là 1 demi heure à regarder ce spectacle. A gauche, il y a des
rochers d'environ 15 mètres de haut, on était face à la mer, et on a
pas vu arriver la vague géante qui est passé par dessus le rocher de
gauche, elle nous a littéralement engloutit, elle c'est enroulé
derrière nous et nous a embarqué jusqu'au bord . j'ai essayer de me
relever et je me suis retourné pour voir où était Vincent, il était
juste derrière moi, a 2 mètres, et là une vague est arrivée et m'a
emporté en mer, je ne sais pas si Vincent à été emporté ou bien s'il a
sauté à l'eau pour me sauver.
Dès que j'ai sortie la tête de l'eau j'ai appelé Vincent, je ne le
voyait pas, on était loin l'un de l'autre et les vagues étaient
tellement grosses, on s'est parlé quelques minutes et puis il ne m'a
plus répondu.
pendant ce temps, j'ai enlevé tout ce qui m'alourdissait, j'avais une
grosse parka fermé, une grande écharpe qui faisait 3 fois le tour du
cou, mon sac en bandoulière.
Au moment où je suis tombé à l'eau, je me suis dit, c'est pas possible,
on va s'en sortir, ça ne peut pas être autrement. J'ai donc tout fait
pour ça, j'ai hurler à l'aide, les vagues faisaient 5-6 mètres de haut,
je ne pouvais voir la berge que lorsque j'étais sur le haut d'une
vague, il pleuvait, il y avait énormément de vent aussi.
A chaque monté d'une vague je me servais de celle-ci pour prendre mon
élan et mettre mes bras en l'air et crier, il n'y avait personne sur la
berge.
Et puis les courants m'ont ramennés à Vincent, il flottait, les yeux
grands ouverts, le visage gris, je savais. j'ai voulu le garder avec
moi, je me suis demandé si je devais me laisser aller et mourir avec
lui ou continuer à me battre, et puis je me suis dit qu'il aurait voulu
que je me batte, il aurait dit que pour lui c'était fini, c'est comme
ça, je savais qu'il aurai voulu que je m'en sorte, son corps sans vie
m'entrainait vers le fond, je n'ai pas eu le choix, je l'ai lâché et
j'ai continuer à me débattre dans cette mer déchaîné pendant 1 heure et
demi, je continuais à me servir des vagues pour garder le maximum la
tête hors de l'eau, je ne pouvais pas nager le courant était beaucoup
trop fort, je me suis dit que je devais garder mes forces jusqu'à ce
qu'on vienne me chercher, parce que je savais qu'on viendrait me sortir
de là. Je me parlais à voix haute, je me disais:"bas-toi, continue, tu
t'en sortira".
Un homme m'a vu et m'a entendu et a appeler les pompiers, pendant que
je les attendait, j'ai commencé à flipper, ça été le 2ème moment le
plus dur, parce que quand on sait que les secours arrivent, on voudrait
qu'ils soient là tout de suite. je regardais le ciel, je tendais
l'oreille, je cherchais l'hélico qui devait me sauver, mais rien, 15
minutes plus tard, 2 pompiers sont arrivés avec un zodiac, ils m'ont
hisser dans le bateau et ils ont continué à chercher Vincent. je suis
resté consciente du début à la fin, je leur disais que j'avais vu
Vincent et qu'il était mort, mais ils ont du se dire que je délirais.
Ils m'ont ramené au port, j'ai marché jusqu'au camion des pompiers. La
nuit venait de tomber. il gelait presque dehors et l'eau était a 8
degrés.
J'ai su plus tard que j'aurais due être dans le coma, ma température
corporelle était tombé en dessous de 28°, mon cœur aurait du s'arrêter.
Je suis totalement indemne physiquement, je n'ai pas inhalé une goutte
d'eau, mon cœur n'a subit aucun dommage, je n'ai eu aucune fracture. Je
n'ai eu que quelques égratignures aux mains quand j'ai tenté de
m'agripper au rocher avant d'être avalé par la deuxième vague.
Les pompiers et les gendarmes ont cherché le corps de Vincent pendant
une semaine, ils ont plongés le soir même de l'accident, la tempête
était encore forte. Ils ont tout fait pour le retrouver. Cette attente
à été une horreur, 8 jours a attendre. Mais ils ont réussit, c'est
bizarre mais ça nous à soulagé, les parents de Vincent et moi qu'ils
retrouve son corps. Je crois qu'on en avait besoin pour accepter sa
mort.
18-07-09
mon amour...
Mes pleurs restent en moi, devant les gens, même les plus proches.
Lorsque je suis seule, je m'autorise quelques larmes, mais les vrais pleurs, ceux qui m'aideraient à laisser couler ma peine, restent au fond de moi.
J'ai presque peur que ces pleures me rendent dingue, peur de resté figée dans ma tristesse, dans la souffrance de t'avoir perdu.
Et puis j'ai déjà tellement pleuré dans les "jupes" de tout le monde quand j'étais dépressive, j'étais incapable de voir leur souffrance, je considérais que je souffrais plus que n'importe qui.
Maintenant que j'ai une "vraie" raison de me plaindre, je n'y arrive pas, je préfère me plaindre de cette jambe cassé.
Je fuis toutes les situations qui me font voir la réalité de ta mort.
Je me sens comme un rock et tellement faible à la fois. Ma force de vie c'est toi qui me la donne, je me bat pour toi, je me bat en me disant que j'aurais pu être dans cette situation avec nos enfants que nous n'avons pas eu le temps de concevoir.
Une semaine avant que tu ne parte je te disais que je souhaitais un enfant de toi, je le désirais tellement, je trépignais d'impatience de faire grandir en moi un être fait de nous.
Je dois faire ce deuil là aussi.
Ma vie s'écroule petit à petit, mais je veux vivre, mais vivre une vraie vie, comme on la vivait.
Mais je sais que ce sera sans toi,sans ta simplicité, ta tendresse, ta folie douce, ton intelligence, ton humilité, ta drôlerie, ta légèreté, ton attention, ton imagination sans borne, ton amour si doux.
C'est à toi que je peux confié cette douleur, c'est toi dont j'ai besoin et tu n'es plus là...
16-07-09
Mon doudou de l'amour...
Toutes les nuits je rêve que tu me rejettes ou que tu m'ignores, ou bien parfois que tu ne me reconnais pas. Comme pour me trouver une explication à ton absence.
Le plus douloureux c'est quand je rêve que tu m'a quitté sans explication, nous nous côtoyons mais tu me dédaigne totalement, je me sens abandonné, désemparé, vide, sans aucun espoir de te faire revenir sur ta décision.
Je sais pourquoi je fais ces rêves, je sais exactement ce qu'ils traduisent:
Ce sentiment d'abandon, cette impossibilité de revenir en arrière, cette sensation que plus rien ne sera jamais pareil, que je ne retrouverais pas ton amour.
Mais je sens ta présence, je partage intérieurement ce que je vis avec toi, tu es dans toutes mes pensées, mes actions, mes réussites et mes doutes.
Tu fais partie de moi comme si tu étais de ma chaire. je serais liée à toi ma vie entière quoi que je vive, et ça ne sera jamais un obstacle, tu es mon ange-gardien, je sais que tu veilles sur moi.
Mais tu me manque, je te manques aussi j'en suis sure.
Je voudrais hurler, cracher cette rage de t'avoir perdu. J'enrage de savoir que tu ne vieilliras jamais, que ta vie c'est arrêté ce jour là, c'était beaucoup trop tôt pour toi, tu commençais à être heureux.
J'ai du mal à accepter que tu soit mort ce dimanche de décembre.
Mes mots ne traduisent même pas ma colère ni la profondeur de ma tristesse. Tout ça reste coincé en moi.

















